RADIO-TELEVISION GRECQUΕ: UN ENTERREMENT “OTTOMAN”, MAIS PEUT-ETRE NECESSAIRE…

Que cela plaise ou non, l’Etat grec moderne est l’un des dépositaires les plus zélés des traditions de l’Empire ottoman. Celui de Soliman, de l’administration exceptionnellement efficace et empreinte de justice pour son époque qu’il mit en place au 16e siècle? Malheureusement non, il s’agit plutôt de l’arbitraire, de l’indifférence pour le bien public et du manque de respect pour le « sujet » associés à un manque de dynamisme sur le plan économique et une corruption généralisée qui ont prévalu aux 18e et 19e, et finalement mené cet Empire à sa perte…

Depuis lors, les Etats nationaux ont fait leur apparition, les « sujets » sont devenus citoyens…. « Citoyens », dites-vous? Ou « nouveaux sujets », autant de l’Etat et des pouvoirs en place que d’une multitude de féodalités nouvelles? Composées de partis et groupements politiques, de syndicats et de médias, de droite comme de gauche, celles-ci dominent sans partage, chacune son fief, corrompent et redistribuent des miettes en assurant leur propre prospérité et leurs alternances au pouvoir pour certaines…

Telle est la malheureusement la réalité et l’image de la Grèce depuis l’établissement de la démocratie en 1974. Cette réalité constitue le facteur interne qui a mené le pays à cette terrible situation de faiblesse socio-économique, qui ne lui a pas permis de résister tant soit peu à la crise économique, le menant à une faillite de fait. De plus, qu’on le veuille ou pas, cette réalité a façonné énormément de mentalités, transformant une partie de la population en assistés. Ce fait, ainsi que des démagogies sans scrupules d’extrême droite comme d’extrême gauche, déterminent depuis maintenant 3 ans les réactions hors de toute réalité d’une partie de l’opinion face à la situation critique du pays et ses risques inhérents.

Inaugurant, et c’était souhaitable, une série de mesures concrètes d’assainissement d’une fonction publique largement hypertrophiée, en partie incompétente et inefficace, enfin ruineuse pour le contribuable, le gouvernement Samaras a annoncé mardi que la Radio-Télévision Hellénique publique (ERT) serait purement et simplement fermée dans les 24 heures, ses 2700 employés congédiés, et qu’un service public de radio-télévision serait recréé dès septembre, dans des proportions plus modestes et sur de nouvelles bases. Mesure arbitraire, brutale, « ottomane », dans le sens le plus négatif du terme. Aurait-il pu en être autrement? Les « féodalités » politiques et syndicales qui dominent sans partage la Grèce auraient-elles été capables d’entrer dans un jeu de concertation permettant le maintien d’un service public aux proportions plus raisonnables et plus économique pour le contribuable? Μalheureusement, en l’état des choses, la réponse est non.

ΑRΤΕ Journal m’a demandé hier mon opinion sur la question, interview réalisée par M. Fred MEON et publiée en date du 13 juin, que je reproduis ci-dessous.

L’ERT NE VA PAS ME MANQUER

Nicolas Bloudanis est historien, docteur ès Lettres (Histoire économique) de l’Université de Neuchâtel. Depuis 1998, il vit et travaille en Grèce. Il a publié 3 ouvrages et de nombreux articles et contributions sur l’ Histoire contemporaine de la Grèce. ARTE Journal l’a rejoint sur son île de Patmos dans la Mer Egée. Son point de vue sur l’ERT est sans concessions.

ARTE Journal: Cette déision de supprimer le service audiovisuel public est-elle une surprise pour vous?

ΝΒ: C’était surprenant. On s’attendait à des mesures. L’ERT était quand-même un des organismes les plus pourris de l’Etat grec, un des services publics les plus corrompus de la Grèce actuelle. Mais c’est vrai que la mesure a été assez surprenante, car annoncée du jour au lendemain, et sans appel, sans discussions, sans concertations. De ce point de vue là, la mesure est discutable.

Ceci dit, je pense que c’était une mesure nécessaire, qu’il fallait donner un premier coup de pied dans la fourmilière. A ce titre, l’ERT était la victime désignée et facile, parce qu’impopulaire. En supprimant l’ERT, on supprime un service d’Etat. C’est destiné à donner un signe aux autres entités du secteur public: on peut mener une politique d’assainissement et de dégraissage du secteur public y compris en contournant les dispositions constitutionnelles, car en Grèce, un fonctionnaire est quasiment impossible à renvoyer. L’ERT avait une audience d’entre 5 et 10% dans le paysage audiovisuel grec et fonctionnait avec plus de 2600 personnes, alors qu’un canal avec cette audience devrait fonctionner avec 500 à 1000 personnes.

ARTE Journal: Qu’attendez-vous pour demain?

NB : On a supprimé l’ERT de façon brutale, non transparente, et sur des principes déplorables. Mais de nouvelles entités seront créées à partir de septembre, et il faut bien commencer par faire quelque chose. Donnons crédit au gouvernement que ces nouvelles entités connaîtront moins de clientélisme, moins de placements proches du « régime ». Je souhaite que dans la création de ce nouvel organisme, les structures européennes de tutelle, pas tant la Troïka que surtout la « Task Force » (les fonctionnaires envoyés par l’Union Européenne pour conseiller et superviser les réformes mises en place, ndlr), auront leur mot à dire. De manière plus générale et d’un point de vue global sur la crise grecque, la « Troïka » peut être comparée à un mur. Ce n’est pas très séduisant, mais si un conducteur se jette dessus, est-ce la faute du mur? Εlle est là pour rappeler un certain nombre de règles auxquelles la Grèce doit se plier si elle veut rester membre de l’Union Européenne.

ARTE Journal: Cela ne pose-t-il pas le problème du pluralisme?

NB: On peut faire le parallèle avec la BBC par exemple. Si le gouvernement britannique la supprimait, je serais le premier à m’indigner. Sur la BBC, il y a une exigence de qualité, d’objectivité et de pluralisme. Je ne sens pas du tout la même chose à l’égard de l’ERT. Certes, on ne peut pas se réjouir de la disparition d’un canal de télévision. Mais je ne pense pas que l’ERT était spécialement objective et pluraliste dans son information. Depuis sa création en 1966, avant la dictature des colonels, durant cette dictature, passant ensuite par les régimes démocratiques assez musclés des années 1970 et 80, l’ERT a toujours été le porte-parole fidèle des points de vue du gouvernement grec, quel qu’il soit. C’est donc son affaire s’il veut supprimer son perroquet.

On peut ajouter qu’il y a 2700 chômeurs supplémentaires depuis hier en Grèce. Les premiers arrivants du secteur public, qui viennent s’ajouter au million six cent mille du secteur privé, dont relativement peu de Tartuffes, (hélas) de gauche se préoccupent…

Pourtant, ce secteur public, ou plutôt sa mauvaise gestion, est responsable de la situation. Mais tels des « vaches sacrées » ou une sorte d’aristocratie, les fonctionnaires et employés des entreprises d’Etat ont été jusqu’à présent épargnés… Par la grâce du clientélisme…

Et pour qu’on ne vienne pas me dire que je m’attaque uniquement au monde de l’audiovisuel, je termine par l’anecdote (authentique) suivante:

Buvant hier soir un ouzo avec un ami officier supérieur retraité, celui-ci me révèle que la Marine de Guerre hellénique compte 16(!) amiraux d’active… « évidemment, lui dis-je: nous avons une Flotte du Pacifique, une de l’Atlantique, et une de l’Océan Indien, sans compter les escadres de la Méditerranée, de l’Egée, et de la Mer Ionienne… Normal d’avoir 16 amiraux.»

Je me réjouirais donc par exemple aussi d’un dégraissage de la Marine, malgré mon affection pour l’institution en soi…

NICOLAS BLOUDANIS

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Bienvenue

« Parler ou écrire lorsque la passion n ’est pas éteinte comporte toujours un risque. Seul le silence, cette forme du mensonge, est confortable »
Jacques Fauvet
Ce site propose des informations et interventions régulières au sujet de la situation en Grèce, mais également concernant l ’Histoire, la société et les perspectives de ce pays, dans la période difficile qu ’il traverse. Des articles seront régulièrement publiés, au rythme de 1 à 2 par mois, que vous pouvez commenter. Vous pouvez également nous envoyer vos propres contributions (max.25 lignes), que nous publierons sous votre signature. Nous nous réservons toutefois le droit de ne pas publier ou de supprimer les commentaires désobligeants, malveillants ou à caractère raciste. Nos interventions ne se situent pas dans une quelconque « ligne politique » partisane. Elles ambitionnent toutefois à maintenir et développer l ’idée d ’appartenance de la Grèce à une Union Européenne que nous voulons – soyons utopistes ! – fédéraliste, démocratique et solidaire.
Nicolas Bloudanis
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EN CET HIVER 2013…

Avant tout, dire qu’il fait froid ces jours en Grèce, et que beaucoup de gens ont même de la peine à se chauffer. Dire aussi qu’il y a beaucoup de malades qui ne reçoivent pas de soins adéquats faute de moyens permettant de contourner une Santé Publique en déliquescence. Dire enfin qu’il faudra encore du courage au peuple grec pour supporter les conséquences de l’inconscience collective qui a sévi dans le pays entre 1980 et 2009… Sans tomber dans le misérabilisme où beaucoup se complaisent.

En cet hiver 2013, la Grèce se trouve dans la délicate situation d’une voiture mal équipée qui descend une route enneigée. Il faut faire attention au moindre écart, à la moindre faute qui risque de vous précipiter dans le fossé.

Le gouvernement actuel est-il « adéquat » pour conduire le pays vers des parcours plus « normaux »? Poser cette question constitue déjà un luxe, cela suppose qu’on dispose du choix d’un changement. Et à l’heure actuelle, ce choix ne semble pas exister. On doit faire avec ce que l’on a: la coalition au pouvoir se compose dans sa majorité de « ripoux » plus ou moins repentis, protagonistes ou rejetons d’un système pervers et désastreux, dont nous avons déjà fait moult fois le procès. Quelques exceptions cependant, dont le ministre de l’économie, M. Stournaras, M. Vénizelos, le président du PASOK (ou de ce qu’il en reste) et, dans une certaine mesure le premier-ministre lui-même, M. Samaras. Il existe donc au sein de l’équipe dirigeante quelques volontés sincères.

Côté opposition, M. Tsipras voyage beaucoup depuis quelques mois. Il a rencontré Chavez (dont le gouvernement vient de dévaluer la monnaie vénézuélienne de 30%, succès retentissant pour un pays important producteur de pétrole). Il s’est également rendu rendu en Argentine, où Madame Kirchner lui a certainement confié qu’elle affrète des charters pour ses déplacements officiels à l’étranger de peur que l’avion présidentiel ne soit saisi quelque part: les biens de l’Etat Argentin sont en effet sous séquestre, par rapport à la cessation de paiement de…2000, et alors que l’Argentine, pays riche et hors de comparaison avec la Grèce, dit avoir redressé la situation de son économie. Passant par une conférence à l’Université de Columbia, il a ensuite rencontré M. Schäuble: on aurait aimé être une mouche pour entendre ce qu’ils ont bien pu se dire… Toujours est-il qu’une touche de réalisme semble depuis lors timidement entrer dans le discours de Syriza, en tous cas de ses composantes les moins inacceptables, évidemment pas de ses casseurs qui se réjouissent allègrement de possibles troubles civils, conjointement avec leurs pendants néo-nazis . C’est une malchance pour la Grèce d’avoir eu jusqu à présent une opposition aussi débile. En effet, les insuffisances et incapacités du gouvernement paraissent par comparaison insignifiantes, alors qu’elles ne le sont évidemment pas…

Pour réaliser les incontournables économies préalables à un assainissement des finances ce gouvernement a choisi une sorte de « voie médiane » entre les termes possibles d’une tragique alternative: renvoyer sans autre forme de procès 300 ’000 fonctionnaires sur le million existant (en 2011) et supprimer purement et simplement un nombre équivalent de retraites abusives car accordées à des personnes de moins de 55 ans, ou alors baisser les salaires, les prestations sociales, les retraites, et fortement augmenter la pression fiscale sur l’ensemble de la population, mais en particulier les classes moyennes. Il a plutôt choisi le second terme, soit faire payer tout le monde, pour éviter l’explosion sociale et la fuite vers des solutions extrêmes. Quant au dégraissement de la fonction publique, il s’opère par les départs naturels ainsi qu’un certain nombre de mises en disponibilité.

Particulièrement désespérant, l’économie privée semble incapable de se relever, et de résorber un peu ce chômage qui se situe entre 25 et 30%. De petites entreprises disparaissent, englouties dans les dettes et la mauvaise gestion, de plus grandes sont en sérieuse difficulté, d’autres, authentiques « patrons- salopards », en profitent pour ne pas payer leurs employés depuis des mois malgré des gains maintenus… Parmi ceux-ci, certaines compagnies de transport maritime desservant notamment les îles, mais aussi certains services d’Etat.

Malgré certains efforts, les dirigeants ne semblent pas capables de comprendre que cette économie privée constitue, aujourd’hui et dans le contexte particulier du pays, le seul espoir de créer des emplois pour résorber le chômage et la misère qui commence à s’installer . Ses efforts pour attirer et rassurer des investissements grecs comme étrangers sont misérables. La législation et la mentalité helléniques, et ce, précision importante, déjà bien avant la crise, considèrent la richesse et l’investissement productifs comme « mauvais », au contraire des subsides, détournements et autres gains dus à la corruption… Comme si on n’arrivait pas à se rendre compte qu’ une remise en marche de l’économie est plus importante que l’attente d’un hypothétique « Père-Noël »…

Des grèves paralysent régulièrement le pays. Quelques-unes se justifient, la plupart sont politiques et ne visent qu’à déstabiliser un gouvernement déjà boîteux, en défendant des « acquis » d’employés d’Etat qui n’ont jamais correspondu aux réalités et possibilités économiques, mais qui ont été octroyés depuis 30 ans à des clientèles politiques par des partis soucieux avant tout de se maintenir au pouvoir. Par exemple la récente grève du métro et des transports athéniens, ou les manifestations d’agriculteurs ou d’éleveurs habitués depuis des décennies à encaisser un maximum de subsides étatiques ou européens pour une production ou un cheptel réduits au minimum. L’étatisme illimité des décennies passées a créé une foule de parasites au sein des entreprises et services d’Etat. Au sein de ceux-ci, il faut le dire, un 20 à 30% de fonctionnaires d’élite qui ont toujours fait et continuent de faire fonctionner le système. Mais, par une multitude de prêts, subventions et financements, cet étatisme et ce clientélisme ont largement déteint sur l’économie privée, l’a aussi faite fonctionner selon des critères « soviétiques », et lui a ôté tout dynamisme. Ceci explique son désarroi et son manque de rebond actuel et à court terme.

De même, les lois syndicales sont caractérisées depuis la « période soviétique » des années 1981-2009 par des parti-pris contre les employeurs qu’on ne retrouve nulle part en Europe. Elle permet d’autre part de véritables prises d’otages à l’encontre de la population de la part d’une minorité de syndicalistes qui ont trop longtemps fait la pluie et le beau temps dans l’économie grecque en défendant surtout leurs privilèges personnels. Comme le dit très bien le professeur de Droit du travail I.Lixouriotis: « la législation actuelle en matière de grève est incapable de solutionner le problème des grèves politiques et la question de la prise en otage des usagers… au lieu de prendre des mesures autoritaires comme la mobilisation de certaines catégories d’employés, le gouvernement devrait plutôt s’atteler courageusement à actualiser cette législation »… Lorsque la loi ne protège pas suffisamment la Société, on la fait évoluer, on la change, on ne prend pas des mesures arbitraires.

A suivre…

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DES DECISIONS ET DU COURAGE POLITIQUES

L’été grec se termine pour 2012. Malgré une relative baisse, l’effondrement redouté des activités touristiques n’a pas eu lieu, donnant au marché intérieur la bulle d’oxygène de quelques dizaines de millions d’Euros qui lui permettent de respirer un peu.

Le gouvernement Samaras est maintenant en place depuis 4 mois. Beaucoup se disent déçus de ses résultats, et surtout du fait qu’il tarde à tenir ses promesses de remettre le pays en état et surtout de renégocier les modalités du programme d’économies et d’austérité avec les partenaires européens et le FMI. Cette renégociation permettrait notamment un allongement des délais d’application des mesures envisagées, et un hypothétique soulagement des couches les plus touchées de la population. Au surplus, de nouvelles coupures (12 milliards d’économies) frappent encore les retraités, fonctionnaires, et les travailleurs du secteur privé.

Madame Merkel a fait une visite-éclair a Athènes le 9 octobre. Beaucoup de Grecs ont manifesté contre cette visite à Athènes, encouragés en cela par la démagogie d’une opposition qui ne propose toujours aucun terme alternatif réaliste, sinon de rejeter sur l’ « étranger » la responsabilité de la crise. Une sorte d’ « idéologie officielle » qui sévit en Grèce depuis une trentaine d’années maintenant et véhiculée aussi bien par une partie de la gauche que par l’extrême droite, sépare le « bien » du « mal », et classe par exemple l’Union Européenne et l’Euro dans la seconde catégorie. Toutefois, et c’est bien là le paradoxe, pour ne pas dire la schizophrénie, – bien peu de Grecs voudraient réellement en sortir… Crise et paupérisation font réapparaître des éléments irrationnels de mémoire collective ou de théories du complot, grandement encouragés par cette démagogie de politiciens ou de la presse. Cette irrationalité peut accentuer la dérive du pays, et faire le lit de solutions autoritaires. Naturellement, il est aussi délicat de juger une opinion et des gens à qui, on (la classe politique) donnait tout (en empruntant) encore hier, et à qui on veut beaucoup retirer aujourd’hui…

Depuis 2010, les dirigeants grecs ont eu le choix entre 2 trains de mesures afin de réaliser des économies et assainir une situation économique lamentable: soit renvoyer sans autre forme de procès environ 300 ’000 fonctionnaires et couper pratiquement autant de retraites jugées « abusives » car leurs bénéficiaires se trouvent en dessous de 60 voire même de 50 ans, soit faire baisser l’ensemble des revenus et retraites, publics comme privés, ces derniers par le biais de la suppression des conventions collectives. Ne voulant et ne pouvant s’attaquer de front aux privilèges d’un secteur public proprement ubuesque, ce qui aurait d’ailleurs provoqué une tragédie sociale immédiate, ils ont choisi la seconde solution. Les baisses de revenus ont toutefois entraîné une forte baisse de la consommation. Ajoutée à la fuite de tout investissement productif ainsi que de l’épargne et des liquidités, dues à l’instabilité générale du pays, elles entraînent une profonde récession de l’économie privée et une forte augmentation du chômage dans ce secteur: le fait est que la Grèce a aujourd’hui 22% de chômeurs, dont 45% chez les jeunes de moins de 30 ans, et que pratiquement aucun fonctionnaire n’a perdu son travail… La tragédie sociale se trouve ainsi reportée d’un secteur public largement « responsable » de la situation du pays, vers le secteur privé et en particulier ses travailleurs…

Pour renégocier le rythme d’un programme qu’on a accepté, il faut cependant commencer par l’appliquer. Or, et depuis plus de 2 ans maintenant, bien peu a été fait dans le sens d’un assainissement et d’une simplification fonctionnelle de l’Etat, de l’administration, des finances et de l’économie grecs. La seule chose parfaitement réussie aura été de faire plonger le pays dans sa 5e année consécutive de récession, et de préserver une bureaucratie administrative aussi inutile que nocive. Probablement faute de choix, on commence toutefois à sentir une volonté du gouvernement de faire « bouger » certaines choses, et de s’attaquer à certains tabous et « vaches sacrées ». Il ne peut le faire que très lentement: rappelons qu’il s’agit d’une fragile coalition de trois partis, dont deux (le PASOK et Nea Demokratia) directement responsables du désastre actuel. A ce titre, il est encourageant d’entendre M. Horst Reichenbach, qui se trouve à la tête de la « Task Force » européenne chargée de proposer et coordonner les réformes de l’Etat et de l’économie helléniques, parler il z a deux semaines à Bruxelles d’ « une réelle volonté de changement de la part du gouvernement, ainsi que de sérieux progrès qui commencent à être enregistrés ».

De fait, sur le plan de la fraude fiscale tout d’abord, les contrôles commencent à se multiplier auprès des catégories « sensibles », soit les indépendants et les professions libérales. Des simplifications dans les barèmes et les modalités d’encaissement devraient également amener quelques résultats cette année déjà.

Les politiciens et hauts fonctionnaires corrompus commencent également à sentir que les temps de l’impunité sont passés. Certains sont déjà en prison, d’autres attendent une convocation de la justice, un certain nombre d’immunités parlementaires on été levées. Deux ou trois suicides survenus depuis le début du mois témoignent du désarroi de gens qui, pendant des années se croyaient au-dessus du commun des mortels et qu’on appelle à rendre des comptes…

On aimerait également voir venir les simplifications et surtout clarifications administratives et sociales qui permettront au pays de devenir concurrentiel et d’attirer des investissements productifs: à l’heure actuelle par exemple, pour exporter un produit grec donné il faut 17 documents administratifs et un délai de 22 jours. Pour le produit équivalent Hollandais ou Danois, il faut 4 documents et 7 jours de délai…

Les changements sont lents, peut-être même trop lents. N’oublions cependant pas que chacun d’eux constitue le fruit d’un compromis fragile. S’ils sont indispensables pour la Grèce, il faut également faire attention à ce que le remède ne tue pas le malade. Il faut éviter de tomber dans le piège qui consiste à penser que tout ce qui ne suit pas les dogmes ultra-libéraux est forcément corrompu et « mauvais »…

Mais revenons-en à la Chancelière allemande: sa visite n’est certainement pas une mauvaise chose, même si le moment choisi est peu opportun. On aurait certes préféré la voir à Athènes il y a 2 ans, flanquée de « son » Sarkozy et de M. Barroso: les Grecs se seraient alors peut-être dit que l’Union et ses « pays directeurs » se soucient réellement de leur situation: gageons que beaucoup de nécessaires mesures, défendues au plus haut et non par les sous-comptables de la « Troϊka », fussent alors bien mieux « passées » auprès de l’opinion… La situation exigeait que, non seulement les technocrates, mais aussi et surtout les politiques montent au créneau.

Pour la Grèce et, au-delà, pour l’Europe, il faut actuellement de la prudence et du courage. Un faux pas peut tout remettre en cause. Il faut notamment que les moins favorisés perdent cette impression (qui n’est certainement pas qu’une impression) que l’Europe, organe d’un ultra-libéralisme sans frein, rend leur situation toujours plus intenable. Seules des décisions politiques volontaires, certaines mettant peut-être provisoirement de côté les graves problèmes financiers et économiques, (tout en ne ralentissant pas le rythme des réformes) peuvent aider à trouver une issue. Ces décisions doivent toutefois être prises et appliquées tant à Athènes qu’au niveau de l’Union Européenne.

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DEFICIT DEMOCRATIQUE…

La Société grecque connaît, depuis quelques années maintenant et non depuis le printemps dernier, quelques évolutions et phénomènes inquiétants:

Le parti néo-nazi « Chrissi Avghi » redouble de violence contre les immigrés et ceux qui les soutiennent (avocats, travailleurs sociaux, organisations humanitaires), se substitue aux autorités pour effectuer des contrôles de sans-papiers, poursuit des colporteurs clandestins et commet des passages à tabac, souvent avec la complicité passive de la police. Le 26 septembre encore, une avocate a été agressée à la sortie d’un commissariat, sans que les policiers présents ne lèvent le petit doigt. Les nazillons se prennent même parfois pour des Talibans: le 19 septembre, un jeune internaute a été interpellé pour « sacrilège », notamment sur plainte d’un député d’extrême-droite: il avait publié sur Facebook des textes moqueurs à l’égard d’une sorte de prophète qui avait vécu au Mont Athos, et que la droite nationaliste grecque vénère. Le sacrilège à l’égard de toute religion est considéré comme délit (mineur) en Grèce, mais la loi relative était tombée en désuétude…

Ceci posé, il faut dire qu’en son état actuel, le pays n’a pas la force, ni même la possibilité d’accueillir de nouveaux migrants, ou même de garder ceux et celles qui y séjournent clandestinement, et qu’on estime à plus de 600 ’000 pour une population de 11 millions. La loi doit donc être appliquée, par les autorités compétentes et non par n’importe qui, sous peine de voir se développer davantage une xénophobie galopante. La Grèce est par ailleurs une des « portes d’entrée » de l’Union Européenne. Cette dernière doit prendre la situation bien plus au sérieux, et déployer sans tarder des moyens de contrôle efficace des frontières maritimes, dans la mesure aussi où la Turquie ferme les yeux (pour le moins) sur les trafics d’êtres humains. Il est clair qu’ à l’heure actuelle les quelques « Zodiac » estoniens ou danois de Frontex (gardes-frontière de l’UE) qui se promènent dans les îlots de l’Egée et tentent de prêter main forte aux garde-côte hellènes, ont l’air ridicules.

Ceci posé également, on constate que peu, parmi ceux et celles qui s’émeuvent à juste titre des agissements de l’extrême droite, relèvent les violences et assassinats commis depuis des années par une extrême gauche encouragée et parfois applaudie par des partis tels Syriza ou le Parti Communiste qui siègent au Parlement et revendiquent même le pouvoir…

Le problème fondamental, crûment révélé par la crise actuelle, est en fait un grave « déficit démocratique » de la Société grecque, qui touche en particulier une partie de la jeunesse. La génération des plus de 50 ans, qui a connu les régimes autoritaires ou dictatoriaux des années 1950, 60 et du début des années 1970, a certes été « marquée » par ceux-ci dans sa manière de penser et de réagir. La concertation, la réelle discussion pouvant déboucher sur un consensus, la transparence, n’ont jamais été le point fort, ni des citoyens ni des autorités hellènes. Mais cette génération a toutefois rapidement acquis une conscience démocratique, même superficielle, du fait que la démocratie a constitué pour elle un « rivage lointain » jusqu’en 1974, puis un « bien précieux » par la suite. Pour ces aînés, PASOK, Néa Demokratia, la Gauche démocratique et les Communistes, avaient un contenu et représentaient des valeurs, idéologiques et sociaux. Même si, pour ce qui concerne en particulier les 2 premiers, leur gestion de l’Etat était cyniquement basée sur la plus extrême corruption qu’ils étendaient à l’ensemble de la Société, ils restaient l’expression d’un pluralisme et d’un débat d’opinions.

Beaucoup de jeunes n’ont par contre retenu de ce schéma que le « revers de la médaille »: des partis politiques pour la plupart verticaux et extrêmement autoritaires sur le plan interne, pratiquant tous le « culte du chef » (Constantin Caramanlis senior, Andréas Papandréou, les secrétaires généraux authentiquement stalinien(ne)s du KKE, plus récemment Costas Caramanlis et Georges Papandréou juniors qui ne doivent leurs fonctions qu’ à leurs noms respectifs), un pouvoir corrupteur et corrompu, qui redistribue la richesse (qui n’était pas produite mais empruntée) par le biais de ses clientèles et des emplois d’Etat, en gardant souvent la part du lion… Vision cynique et désastreuse de la politique et de la « Chose Publique »…

A cela, il faut ajouter l’école et la religion (encore très présente en Grèce) au sein desquelles est (toujours) enseigné et distillé un nationalisme et un ethnocentrisme intenses, où l’esprit critique et l’initiative ne sont que peu ou guère encouragés. Les études supérieures sont certes très politisées, mais de manière institutionnelle, et l’inscription de chaque étudiant dans une « organisation » est quasi-obligatoire.

La Grèce des années 80, 90, et 2000 a ainsi constitué une Société certes formellement libre et pluraliste, en fait très « soviétique », et de manière apparemment « volontaire ». Cet état de fait est bien illustré par la remarque d’ un passant lors d’une interwiew réalisée début octobre dans la rue par une correspondante de la Radio Suisse à Athènes: « La Grèce va devenir un pays nationaliste, avec une économie socialiste »… Beaucoup de personnes sont ainsi convaincues que tout allait pour le mieux dans le meilleur des pays possibles jusqu’en 2009, et qu’un véritable complot été ourdi par le « capitalisme », la « finance », et l’ « étranger » pour l’asservir. L’aspect artificiel de l’économie grecque, qui a fragilisé celle-ci de manière extrême face à la crise leur échappe totalement. On assiste à la formation d’une sorte de monstrueux « amalgame idéologique » où les extrêmes se rejoignent.

De telles remarques et arguments pourraient prêter à rire en temps normal. Adoptées, non seulement par M. Tout le monde, mais également, à divers degrés, par de nombreux journalistes, politiciens et « faiseurs d’opinion », qui par lâcheté politique, qui par intérêt personnel, martelés tous les jours par des chaînes de télévision et des journaux, elles deviennent franchement inquiétantes.

Certes, la crise, le chômage, la menace de paupérisation, révèlent et accentuent ce genre de discours, bruyant mais encore minoritaire. Les Grecs et surtout l’Europe doivent prendre sérieusement garde ne pas pousser à son développement pour complaire à un ultra-libéralisme qui se fiche de la Démocratie… Les déficits financiers et économiques pourraient, si on n’y remédie pas de manière drastique et surtout politique, amener les déficits démocratiques à prendre le dessus et imposer à nouveau des régimes autoritaires et extrêmes de droite ou de gauche.

La République est gravement malade en Grèce, et ce depuis longtemps. C’est probablement aussi le cas ailleurs, mais certainement pas de manière aussi menaçante. Avant même de sortir de la crise économique, elle doit penser et se donner les moyens de se soigner, politiquement et socialement.

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…VASTE PROGRAMME…

Le nouveau gouvernement grec est issu, et c’est bien son paradoxe, des 2 partis complices et co-responsables de la gravité de la crise actuelle. Il compte une composante nouvelle, la « Gauche Démocratique » qui, tout à son honneur, a refusé la démagogie électorale et le « transfert de clientèles » qui a fait de Syriza la seconde force politique du pays, avec près de 27% des suffrages. Inversement, ne pouvant décemment plus promettre d’avantages personnels à leurs électorats, Nea Democratia et PASOK deviennent par la force des choses plus réalistes. Souhaitons que cette évolution se poursuive, et que les partis politiques grecs cessent de fonctionner comme des bandes organisées. Mais pour l’instant, ce gouvernement doit faire face à d’urgentes priorités, aussi cruciales qu’inséparables les unes des autres:

1. Remettre le pays en marche, le faire fonctionner tant bien que mal dans la situation actuelle, en essayant de rétablir un minimum de confiance ainsi que le moral de la population, qui est au plus bas.

2. Rétablir et garantir l’ordre public, sérieusement troublé par les agissements d’une extrême droite qui se permet toutes les violences, non seulement envers les immigrés dans certains quartiers d’Athènes, mais également contre ses adversaires politiques et, qui sait bientôt, contre tout citoyen qui se permettra de la critiquer. Dans le même sens, il s’agira également de mettre fin aux débordements de l’extrême gauche. Celle-ci, malheureusement parfois avec l’approbation tacite de certains parlementaires, fait dégénérer la plupart des manifestations en batailles rangées entre casseurs et policiers, causant des dégâts importants à Athènes et d’autres villes, notamment l’hiver dernier. S’attaquer d’autre part à la délinquance, souvent (mais pas toujours) le fait d’immigrants clandestins livrés à eux-mêmes, ce qui offre en particulier un alibi aux agissements des néo-nazis.

3. Cependant, et « sauf pour les dictateurs et les imbéciles, l’ordre n’est pas une fin en soi »… L’économie, du moins ce qu’il en reste, doit redémarrer, afin d’assurer des emplois et commencer à résorber ce terrible 22% de chômage, en particulier chez les jeunes. Des atouts existent, il faut les utiliser au maximum. On pense notamment au tourisme, dont les infrastructures sont modernisées et intactes, et ne demandent qu’à fonctionner, pourvu que la Grèce redevienne un lieu de destination séduisant et abordable. On pense également à la marine marchande: avant de songer à « taxer » des armateurs « intaxables » car inexistants, il est nécessaire d’attirer les multinationales du transport maritime dans lesquelles les capitaux grecs sont très importants, afin qu’elles refassent du pays et de ses ports les centres de leurs activités. Dans le même sens, il faut redonner à des jeunes Grecs le goût du voyage, en refaire des marins, rendre vie aux traditions maritimes qui ont longtemps été la seule richesse du pays. Enfin, développer les activités agricoles et l’industrie agro-alimentaire, qui sont également une tradition ancienne de l’économie hellénique. En l’état des choses, on peut affirmer que seule la plus grande ouverture et l’attrait de capitaux peuvent sauver (ou plutôt ressusciter) cette économie.

4. Dire la vérité au peuple grec sur la nature et les causes de la présente crise: la caricature d’étatisme et l’ « économie de pillage » mis en place et développés depuis 1980, en particulier le cercle vicieux « emprunts-redistribution », ont placé le pays en porte-à-faux de l’ensemble européen dont il fait partie, et l’ont extrêmement fragilisé face à la crise économique mondiale…

Pour reconstruire son économie, assainir et réformer son Etat et sa Société, la Grèce a un besoin urgent de l’aide et du tutorat de l’Union Européenne. A ce titre, il est important que le travail de la « Task force » puisse se poursuivre dans tous les domaines où il est indispensable, et notamment ceux, cruciaux, de l’organisation générale, de la réduction / rationalisation d’une fonction publique aussi pléthorique qu’insuffisante dans son rendement, et de la fiscalité. Rappelons à ce titre que la simple application de la loi en matière d’impôt rapporterait déjà à l’Etat un pactole d’une cinquantaine de milliards d’euros: le problème est d’avoir des services fiscaux qui font leur travail…

Dans ce contexte, il sera nécessaire de parler et négocier avec nos partenaires européens, et surtout de rétablir la confiance mutuelle. Dans ce sens, les Grecs doivent admettre que la solidarité réelle dont l’Union a fait preuve pour aider le pays depuis l’automne dernier puisse s’accompagner de contrôles rigoureux, parfois même de critiques. On doit respecter les contribuables des autres pays qui financent cette solidarité. Mais jouer le jeu ne signifie pas forcément tout accepter: les mesures d’assainissement de l’économie et de l’Etat doivent notamment s’opérer dans des délais plus longs: dans le cas contraire, le traitement risque tuer le malade. Les dirigeants Grecs devront toutefois le démontrer pertinemment à leurs partenaires et cesser le jeu sournois du « béni-oui-oui » suivi d’une absence totale de mesures concrètes pratiqué jusqu’à présent… De manière plus générale, l’Europe doit comprendre, et elle commence à le faire, que la seule application de théories et de préceptes ultra-libéraux axés sur l’austérité entraîne des risques politiques énormes. L’injustice qui en découle peut engendrer des crises politiques et sociales encore plus importantes que la crise économique, et qui ouvriront la voie aux nationalismes et à la démagogie. Au surplus, il apparaît de plus en plus clairement que seule une véritable fédération, politique et économique, peut sauver l’Union.

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LA FOLIE DES GRANDEURS…

Le journal « Kathimerini » cite aujourd’hui un membre de la Commission Européenne, qui déclare que « les Grecs semblent négocier les conditions de leur dette entre eux, sans tenir compte du fait qu’il y a 16 autres pays dans la zone Euro… Outre qu’il a raison, ce monsieur est d’une indulgence remarquable.

Négocier quoi, au fait? Pour négocier, il faut avoir des propositions à avancer, et des arguments pour soutenir celles-ci…

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PENSEES UNIQUES…

Cet article est également paru dans « Libération » du 21.05.2012.

Quand on parle d’occupation, beaucoup de Grecs n’évoquent plus la guerre, mais la situation que vit le pays depuis 2010, l’intervention de l’UE et du FMI, et les mesures prises ou à prendre pour tenter d’y remédier. Pour eux, le chaos économique engendré par la politique économique et sociale des gouvernements qu’ils ont élus depuis plus de 30 ans, aussi généreuse qu’à crédit, doit être comblé par l’Union Européenne: la Grèce devrait ainsi bénéficier d’un entretien de droit divin…

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ADOLESCENCE, QUAND TU NOUS TIENS!!

La Radio Suisse m’a contacté tard dans la soirée d’hier pour une impression “à chaud” sur les résultats des élections grecques. Sans vraiment réfléchir, j’ai répondu à la première question « off the record » du journaliste : « Il faut bien qu’adolescence se passe! »… La spontanéité fait parfois déboucher sur de justes remarques…

Voici donc ces résultats: PASOK et Nea Demokratia obtiennent respectivement 13,5 et moins de 19% des suffrages, le parti de gauche Syriza 16,5%, les « Grecs Indépendants », (droite-extrême), 10,5%, la « Gauche Démocratique » 6%, le parti néo-nazi « Chrissi Avghi » 7%, et le parti communiste 8,5%. Près de 20% des électeurs ont d’autre part voté pour des partis qui ne seront pas représentés au parlement, ayant réalisé chacun moins de 3% des voix. Le taux d’abstention est très fort (le vote est obligatoire en Grèce), à 35%.

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AU SECOURS! LE « PARTI RUSSE » REVIENT..!

La Russie de Vladimir Poutine s’intéresse de très près à la situation de la Grèce, et en particulier aux relations de cette dernière avec ses partenaires européens. Un article paru notamment le 14 mars dernier sur le site en Grec de la « Rossiskaia Gazeta », www.rbth.gr, organe officiel du gouvernement russe, estime « qu’une cessation immédiate de paiements constitue l’unique possibilité pour le pays de sortir de la crise ». Le même texte soutient que le gouvernement hellénique actuel est « imposé par l’étranger », et qu’il trahit les intérêts de la Grèce au profit de ceux de ses créanciers. Enfin, son analyse des causes la crise grecque insiste sur le fait que celle-ci serait le résultat de l’intervention de l’Union européenne et du FMI depuis 2010. Elle néglige totalement la gestion catastrophique, le surendettement de l’Etat, la corruption, la fraude fiscale, la bureaucratie et l’improductivité des 30 dernières années, qui ont mis l’économie et de la société hellènes dans un état d’extrême fragilité et l’ont rendue incapable de résister tant soit peu au choc de la crise économique mondiale. La Grèce n’est plus un « maillon faible », mais uniquement une « victime »…

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